DE LA DIGNITE CONGOLAISE

L’échine courbée

 

 Conférence de Berlin ou le charcutage des terres africaines

 La conférence de Berlin pendant laquelle Leopold II s’accorde la gigantesque part du lion : Le Congo.

 

1885. L’Europe dessine les limites des pays africains telles que nous les connaissons aujourd’hui. Le roi Léopold II s’attribue alors un territoire 80 fois plus grand que son royaume. Ce territoire, jardin personnel du Roi, est composé de peuples hétérogènes constitués en royaumes voire en empires pour certains. L’arrivée des belges ainsi que leur administration va alors œuvrer à la destruction des structures locales pour faciliter l’assujettissement des autochtones aux nouveaux propriétaires des lieux. C’est pendant cette époque que le Congo connait alors l’une des périodes les plus sombres de son histoire et la plus gardée sous silence : le 1er génocide congolais. Les chiffres ne sont pas unanimes, mais l’ampleur de la cruauté est décrite de la même manière que ce soit par les anglais ou encore les belges eux mêmes. En réalité, l’esclavage congolais fournit à ce moment une main d’œuvre gratuite à l’industrie du caoutchouc, florissante à l’époque. La Belgique en sera même le producteur le plus important avant la découverte des potentialités plus importantes en Asie et en Amérique du Sud. Les dividendes pour les congolais ? Des millions de morts et mutilés, et surtout l’asservissement du Congo et des âmes congolaises.

congoleopoldiicartoon.gif Caricature de Leopold II

 

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Mains coupées, probablement des esclaves improductifs  aux  yeux de la couronne .

 

Ainsi, l’apogée du royaume de Belgique coïncide exactement avec les exactions commises contre notre peuple. Nous pensons que c’est à ce moment que nous avons plier l’échine et que dans l’identité congolaise s’est incrustée une forme de soumission face aux « nokos ». C’est aussi à ce moment que, pour conserver le statu quo, notre pays est doté de structures économiques – politiques dont l’unique finalité est l’exploitation prédatrice. Certaines colonies connaitront une forme de compensation dans la formation d’une petite élite locale, capable de jouer le rôle de relais auprès des autochtones. C’est cette même élite qui, formée par le colonisateur, entreprendra la marche vers l’indépendance ( Kenyata, Senghor, …). Dans le cas du Congo, le colonisateur ne s’en est pas donné la peine tellement son appétit vorace a du mal à trouver satisfaction. Peut être le contexte de l’époque explique – t -il le peu d’intérêt du colonisateur à ce sujet…

En effet, le roi de la jeune Belgique a besoin de positionner son royaume au même niveau que les puissances coloniales de l’époque. Le royaume doit donc grandir en puissance d’autant plus que les Pays Bas, voisin du nord et dont la Belgique s’est émancipée, brille orgueilleusement grâce aux revenus garantis par ses colonies. Avoir une colonie et s’enrichir à outrance était donc une nécessité pour Léopold II afin d’affirmer cette puissance; quitte à décimer des populations entières et à meurtrir leur conscience…

 

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Villageois enchainés pour des travaux forcés.

Leopold II remportera son pari haut la main quand il saura répondre à l’immense vague de demande en matières premières suscitée par la révolution industrielle : la Belgique est alors premier producteur mondial de caoutchouc.

L’histoire du Congo etdes congolais allait ainsi drainer avec elle son lot d’horreur et d’indicible…

 

Prise de conscience

 

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Banque Centrale du Congo Belge.

 

22 ans plus tard, le roi cède son «jardin privé» à la Belgique. La machine administrative belge achève alors les anciennes synergies pour organiser tout le monde autour d’une nouvelle donne : un état central avec Kinshasa comme capitale. Le peuple congolais ainsi constitué est hétéroclite certes, mais partageant le même sort depuis plusieurs décennies; et ils allaient bientôt en prendre conscience. Dans les années 50, La réalité géopolitique de l’époque va connaitre de profondes transformations : au sortir de la seconde guerre mondiale, les grandes métropoles, affaiblies suite à de lourdes pertes, s’effacent devant l’émergence des deux super puissances que sont les USA et l’URSS. C’est dans ce contexte que se tient la conférence de BANDUG, réunissant les pays dits non alignés, pays qui ne veulent pas prendre position dans l’antagonisme opposant les USA capitalistes et l’URSS communiste. Un vent d’indépendance souffle alors sur l’Afrique et des anciennes colonies, s’élèvent désormais des voix qui remettent en question l’ordre établi.

 

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Conférence de Bandung
Au Congo, les noms de Kasavubu et Lumumba sont désormais connus de tous. Le premier va combattre pour l’identité Kongo et le second pour l’identité «nationale» congolaise. Ces deux combats vont finir par se confondre et s’allier non seulement contre l’occupant belge, mais aussi pour un Congo uni et libre («ekolo boo!!! moko» i.e une nation, un pays.)

1960. La résistance congolaise finit par obtenir gain de cause et tous les congolais s’affirment aux yeux du monde en tant que nation en se ralliant derrière Lumumba et ses compagnons de lutte ( Mulele, Gizenga, Kashamura,…). Le Congo est indépendant et les belges quittent le pays. Ils laissent derrière eux un pays prospère à l’avenir assurément providentiel.

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Kasavubu et Lumumba, 1er dirigeants du Congo.

 

Mais, le monde occidental allait en décider autrement et l’avenir du pays allait subir multiples ingérences de l’assassinat de Patrice Lumumba le 17.01.1961 aux invasions que nous subissons aujourd’hui en passant par l’enracinement de l’état prédateur que dirigea Mobutu jusqu’au 17.05.1997.

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Lumumba. Peu de temps avant son élimination.

 

Cristallisation de la conscience nationale

Mobutu fut tout d’abord celui qui bétonna efficacement l’identité nationale : les congolais, désormais zaïrois, avaient un seul chef, Mobutu et un seul parti, le Mouvement Populaire pour la Revolution. Lumumba est désormais sacré Héros de la nation congolaise.

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Mobutu sese seko kuku Ngbendu Wazabanga,  président du Zaïre.

 

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P.E. LUMUMBA, Héros national.

Le roi léopard a réussi à faire du zaïrois une particularité africaine avec le recours à l’authenticité : bannissement des prénoms européens, mise au pas du peuple avec les opérations salongo qui voulaient que le peuple se mettent au travail une fois par mois pour garder leur ville propre, adoption de l’abacost qui est une particularité zaïroise ( A bas les costumes!), … Ainsi, le zaïrois n’a aucune raison de rougir de son identité : il fait parti d’undes rares pays où toutes les identités ethniques chantent avec fierté et en concert l’apogée d’une nation, d’un pays,le Zaïre. De plus, cette nation rayonnante dispose d’un État efficace : Le PIB est un des plus élevés d’Afrique ( en 1960, il était carrément plus élevé que celui du Canada), jusqu’à la fin des années 70, le système de santé est le plus performant en Afrique au point que les dignitaires sud africains venaient se faire soigner à Lubumbashi ( aujourd’hui c’est dans le sens inverse que cela se passe!). Paradoxalement, Mobutu fut aussi celui qui a permis la pérennisation d’un système d’exploitation prédateur au Congo. En effet, devenu la pièce maitresse des intérêts occidentaux en Afrique centrale, il joue à la perfection son rôle de gendarme comme peuvent l’attester les interventions de l’armée zaïroise contre l’Angola marxiste de Dos Santos ou encore contre l’avancée libyenne dans le Tchad. Il tint ce rôle tellement à la perfection qu’il n’eut cure des intérêts de son peuple, ses priorités étant ailleurs…

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Le chef des armées Mobutu.

Dans ce contexte particuliers, nul doute que les seuls moyens de s’accrocher au perchoir restent la terreur, la corruption et le népotisme. Pendant ce temps, le congolais sont priés de faire honneur au Roi Léopard en allant jusqu’à l’aduler comme un demi – dieu. J’ai moi même évoluer dans cet univers où voir quelqu’un porter une cravate était subjuguant, ce monde dont Mobutu était le roi. Pour nous, zaïrois, il n’était donc jamais question de penser la nation sans penser à son incarnation, le grand chef qui le dirigeait : il s’agissait dans l’inconscient collectif de deux entités totalement confondues et indissociables.

Ainsi, le règne de Mobutu aurait en premier lieu permis aux zaïrois d’alors d’être fiers d’eux même et de leur pays. Et ceci, en contraste avec l’image de mise à l’époque à savoircelle du nègre assisté par l’européen bienveillant. Pourtant, la conscience que nous avions de nous même va finir par se ternir. Le règne du Léopard a instauré pendant 32 ans un système où clientelisme et népotisme sont rois, un règne pendant lequel public et privé sont totalement confondus. Les conséquences, nous les connaissons : la déliquescence de l’État et son corolaire, la dégradation de la conscience nationale. La fierté zaïroise muta très rapidement en mendicité et la représentation de l’état dans l’esprit des gens ne conférait plus que honte et gène, du moins, pour ceux qui étaient conscient de la situation. En effet, il y en avaient plusieurs qui, sans aucun fondement, s’étaient convaincu de la suprématie du pays; ils n’hésitaient pas à se moquer des autres pays jugés médiocres alors que ceux ci ourdissaient déjà des plans contre notre nation.

 

Traversée du désert : le martyr de la nation congolaise.

1996 – 1997. L’armée zaïroise bat en retraite devant les hommes de l’AFDL presque en balade. La révolution est menée par un certain Laurent Désiré Kabila, un ennemi de longue date du roi Léopard. En effet, à l’annonce de la mort de Lumumba, l’intraitable Kabila réussi à se constituer une base arrière à l’est du pays. Sa persévérance finira par payer quand, 36 ans plus tard, le 17. 05. 1997, il défait Mobutu sans vraiment trop de peine. La première désillusion des zaïrois fut de voir nos militaires lacher les armes au premier coup de feu: était ce donc cela la grandeur du pays ? Bientôt cette désillusion sera suivie de l’horreur emmenée dans le sillage des libérateurs. En effet, ceux – ci emmènent dans leurs bagages rwandais, burundais et ougandais ( ainsi que quelques soldats éthiopiens) qui, enfin, pouvaient avoir accès au »gâteau Congo ».

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 Laurent Désiré Kabila.
En fait, la venue des «libérateurs» provoque, tout d’abord, l’enthousiasme de la population, le changement étant imminent après des décennies de stagnation. Cet enthousiasme ne sera que de courte durée et sera très vite suivi de l’horreur imposé à nos populations connues pour leur générosité et leur bonté d’âme.

Il s’est, en effet, vite avéré que les alliés des révolutionnaires avaient un autre agenda en tête et que l’intransigeance nationaliste de Laurent Désiré Kabila leur faisait obstacle : la guerre n’était donc pas prête de se terminer au Congo…

Les puissants alliés militaires étrangers envahissent alors la nation congolaise et ne cesseront, depuis,de l’occire à petit feu : pillages, viols, massacres à grande échelle,…

C’est dans ce contexte tendu que Kabila est assassiné par son garde du corps pour des raisons qu’on ne connaitra jamais. Le jeune assassin, du nom de Rachidi, est tout de suite exécute par la garde rapprochée du président gisant.

Avec la mort de Mzee, la nation congolaise, pour qui le guide est toujours le socle, vit ces plus grands moment d’incertitude. Incertitude qui ne sera pas facilement résorbée avec l’avènement du fils Kabila. En effet, le règne du raïs est jusqu’aujourd’hui caractérisé par d’interminables guerres, d’innombrables déplacés et d’indescriptibles massacres.

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Joseph Kabila, président de la République démocratique du Congo.


On dénombre alors plus de mort au Congo que de victimes pendant la deuxième guerre mondiale, mais l’opinion internationale n’émettra aucun signe de compassion, elle se révélera même condescendante.Pourtant ce n’estni de la pitié ni de la compassion dont la nation avait besoin en ce moment là, mais d’une action. Pendant que tous les ans, on commémore des « plus jamais cela! »,l’extermination et les souffrances de toute une nation restent inaudibles à tous ces hommes de « bonne foi ». Congolais, congolaises ne l’oubliez JAMAIS.

 

EVEIL GEANT CONGOLAIS : La voie de la renaissance

 

La leçon que le monde vient de nous donner est simple : personne ne peut mieux se soucier et se battre pour le Congo que les congolais eux même.

Comment pouvons nous nous dire fils ou fille d’une nation si nous n’avons aucune considération pour celle ci ? Si la nation n’est pas notre responsabilité, à qui celle ci revient elle ? Devons nous continuellement demander aux autres de se sentir concerner par notre avenir à notre place ?

A l’instar de tous les pays voulant tourner la page à l’horreur, un mouvement de repentance est de mise. A ce niveau,nous notons que malgré les millions de morts et autres exactions commises sur notre sol ainsi que dans la chair des nôtres, aucune condamnation de responsable n’a eu lieu. Cela veut il dire qu’au Congo il n y a jamais eu de bourreau mais que des victimes ? L’objectif ici n’est surtout pas de nous lancer dans un débat stérile;il n’est pas pour autant moins vrai que la première chose dont la société congolaise ait besoin, c’est de se réconcilier avec elle même et avec son histoire. Redonnons à Lumumba la place qu’il mérite, soyons digne de son message,…Pour ce faire, nous devons faire un acte de repentance. Tous, vous qui nous lisez et nous tous qui sommes encore vivants aujourd’hui, alors que nos frères, sœurs, pères et mères sont morts ou laissés en vie et déshonorés dans leur chair dans des circonstances qu’on ne peut même imaginer; qu’avons nous fait en réaction à cela?Quel action avons nous mener pour leur éviter ce triste sort ?Si nous n’avons aucune réponse digne de ce nom (je ne parle pas de ces bruyantes manifestations qui participe plus à la production d’une image médiocre du congolais, ternie par la bêtise et la banditisme) à donner à cette question, alors la repentance nous concerne tous de facto.

Nous, congolais devons apprendre ce qu’est aimer notre pays. Et aimer le Congo c’est savoir se l’approprier et ne pas se satisfaire de se dire congolais sans pour autant savoir ce que cela implique. Être congolais c’est vivre un idéal et combattre pour la survie de celui – ci: une société providentielle où tout le monde trouve sa place, où l’exclusion sur des bases ethniques est à bannir. Bref, faire parti de cette nation c’est aussi avoir le cœur rempli d’amour et, c’est pourquoi, le congolais sera au moins aussi généreux que Dieu l’a été avec lui en lui léguant ce beau pays. C’est ce sentiment d’amour, cet attachement indéniable à notre nation etàses composantes qui élèvera nos âmeset notre dignité.

Être congolais, c’est par exemple être propriétaire au Congo, avoir des droits sur la terre congolaise. Combien parmi nous se disent enfants du pays alors qu’ils investissent TOUT leurs avoirs à l’étranger. Ce n’est qu’en possédant une maison, un champs, un simple terrain que l’on peut communiquer avec cette terre généreuse qui est la nôtre. Ainsi, serons nous en mesure de ressentir les responsabilités qui découle de notre nationalité et serons plus enclin à sacrifier notre existence à notre pays. Mieux, il nous sera plus légitime de revendiquer ce qui nous revient de droit.Ce à quoi nous assistons aujourd’hui et qui en attriste plus d’un, ce sont tous ces soient disant frères congolais se pavanant en occident en toute tranquillité alors que le pays vit (survit) à plus milles lieux. Ces gens peuvent arguer qu’ils retrouvent ici une forme de quiétude, point de départ d’une vie que l’on croit heureuse.Une question me reste néanmoins sans réponse: peut on vivre heureux sans aucune fierté? S’afficher dans des pays qui ne seront jamais les vôtres et où, TOUS les jours, on vous rappellera que vous bénéficiez des bonnes grâces des locaux; est ce cela une vie pour un homme, qui plus est congolais ? Nous avons un pays béni; et si par nos actions, nous lui faisons preuve d’infidélité et que nous nous ôtons nous même ce caractère sacré qu’est celui de notre nationalité, alors, je donnerai raison à ces frères et sœurs pour qui quitter le Congo est un aboutissement en soi : «vous avez raison d’anticiper et d’essayer de vous fondre dans ces autres nations du monde ( du moins celles qui voudrons de vous!). Oubliez dans ce cas notre cher Congo parce qu’il ne peut et n’aura jamais aucun avenir sans les congolais».

Ne responsabilisons pas les autres si nous même nous avons failli. En touchant des pots de vins, en assistant en spectateur à la mort de notre nation, nous avons tous une plus grande responsabilité que celles de ce conglomérat de hyènes et de chacals qui s’enrichissent de nos morts. Ne crions pas au loup alors que nous n’avons même pas bâti d’enclos pour notre bétail.

K.M.B

 

2 Réponses à “DE LA DIGNITE CONGOLAISE”

  1. NS dit :

    Très bien écrit, l’identité congolaise est bien reflétée à travers ces lignes. Le seul bémol est le passage qui explique que être Congolais c’est avoir une propriété au Congo. Je trouve que trop de gens jugent les « soi-disants » Congolais qui sont à l’étranger; pour moi cela concerne chaque personne et sa propre conscience, chacun s’implique selon ses moyens, ses dispositions et son CHOIX dans ce qui se passe au Congo, et ce n’est pas aux autres de juger s’ils s’impliquent assez ou non. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec le lien entre avoir une propriété au Congo et être Congolais, c’est une raison superficielle, pour moi être Congolais c’est l’être dans son coeur, et nombreux sont ceux qui sont à l’étranger vivant une vie « tranquille » comme tu dis, mais faisant leur part pour aider leurs familles chez nous.

    Je comprends aussi que nous les Congolais devons nous réveiller mais je trouve que tous les discours politiques qu’on entend n’aboutiront pas à grand chose. Même s’il est vrai qu’il ne faut pas responsabiliser les autres, le fait que la RDC a un sol riche en minerais est une réalité, une réalité qui est à l’origine par exemple des troubles dans l’est du pays, et ailleurs. Les troubles sont une excuse pour d’autres pays (notamment le Rwanda, et je ne parle pas de la population Rwandaise mais des dirigeants) de s’enrichir au détriment de la souffrance du peuple Congolais. Le seul et unique intérêt de tous les débats politiques c’est cela, et pour les élections c’est pareil: il n’y a pas d’élections, ceux qui sont une menace pour le président sont éliminés, tout simplement. Et les seuls présidents qui peuvent survivre sans qu’on les élimine d’une manière ou d’une autre sont ceux qui vendent leur propre pays et qui ne mettent pas l’intérêt de la population en premier lieu. C’est pourquoi pour moi il faudrait agir dans l’EDUCATION au Congo, car c’est au Congo même que le sentiment d’identité Congolaise est faible. Les pots de vin, la corruption, tout ça a lieu car beaucoup de Congolais ne sont plus intéressés par l’avancement de leur pays et de leur nation, mais par leur gain personnel. Et c’est cela que nous devons changer, via l’éducation, en apprenant à nos enfants à être attachés à notre pays, à notre nation. Plus tard, ces enfants seront, eux, capables de diriger notre pays sans être détournés par la corruption et les pots de vin.

  2. alfajiri dit :

    Tout d’abord, un grand merci pour l’intérêt que tu portes à Alfajiri et surtout à la pertinence des questions que tu soulèves ci dessus dans ce commentaire. Ces remarques m’ont poussé à me relire et à y relever certaines lacunes.
    Néanmoins, concernant tes remarques, je suis d’accord avec toi quand tu dis qu’être congolais ne se résume pas à posséder un terrain chez nous. J’ai fait usage de cette image, peut être de manière maladroite, pour dire qu’effectivement, on a du mal à s’attacher réellement à un pays où on ne possède rien. Maintenant, posséder quelque chose, ce n’est pas seulement avoir des terres, des cheptels ou autres; c’est aussi avoir des projet locaux, soutenir les membres de notre communauté chez nous ou ailleurs, bref avoir quelque chose de concret qui nous relie au Congo. C’était ça l’idée de départ en fait.
    Concernant la situation du Congo, c’est certain que les discours de politiciens ne suffisent pas. D’ailleurs, dans le cas du Congo, le débat politique pilulent, mais rares sont ceux qui ont des retombées concrètes. Ces débats, rencontres, échanges ( on appelle ça comme on veut) sont quand même nécessaire parce que c’est le seul moyen de pouvoir coordonner une action quelconque et faire en sorte que les gens agissent de manière cohérente. Au niveau de la diaspora ( et je doute fort que ce soit vraiment différent au pays), ce manque de cohérence a des conséquences désastreuse parce qu’on n’est plus écouté. Le temps passe, l’histoire se dessine et on n’a pas le temps de s’arrêter sur cette cacophonie congolaise d’essayer d’en capter les différentes logiques. Le travail qu’on a à abattre et énorme, surtout ici dans la diaspora : même dans la dénonciation, on n’a pas fait preuve d’uniformité. Les gens de l’est et les gens de l’ouest, on faillit s’en retrouvés totalement divisés. Maintenant, je ne soulève là que nos faiblesses et je ne parle pas encore de la nature des états ou des politiciens congolais qui eux sont de vrais responsables directs dans nos malheurs. Mais ça ne veut pas dire que je l’ignore. C’est juste que j’essaie d’emprunter une voie plus efficace que la dénonciation dont on fait usage depuis 15 ans maintenant!
    En parlant de voie efficace, tu en as parlé : l’éducation. C’est d’ailleurs la voie royale du changement, celle sur laquelle tous nos politiques devraient miser pour sortir les nôtres du marasmes dans lequel ils pataugent.
    J’espère que par ces quelques mots, j’ai pu répondre à quelques unes ( certainement pas toute!) de tes question et que ce n’est pas la dernière fois que j’aurai le plaisir de te lire. Je te remercie donc encore une fois, mais cette fois ci pour l’intérêt et l’amour que tu portes à notre chère pays.

    Vive le Congo!

    Alfajiri

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